"Si j'avais été une poupée de porcelaine, j'aurais su rester sage..."
Quand je me réveillai, il faisait nuit, ce qui ne m'aida pas à savoir depuis combien de temps je mettais rendormi.
A part le bruit des voitures dehors qui ronronnaient, tout était plutôt silencieux . Je ne savais pas où été passé les deux gars...Étaient-ils dans une pièce à côté ? Aucune idée et puis après tout je m'en fichais pour l'instant.
Je me levais (sans tomber cette fois) et fit le tour de la chambre, prenant le temps de tout observer. C'était une petit pièce sous le toit, avec un Velux pour seule fenêtre. A part le lit deux places, il n'y avait qu'une petite coiffeuse plutôt vieillotte d'après ce que je pouvais voir dans le noir.
Puis je me décidais à sortir de la chambre pour identifier ma situation. Un couloir sombre s'offrit à moi, à ma droite une porte qui semblait être celle de la sortie, à ma gauche le couloir continué jusqu'à une bifurcation.
Toute jeune fille normalement constituée aurait de suite tourné à droite, mais il faut croire que je n'était PAS normalement constituée. (Dommage pour moi) Je tournais à gauche et poussa sans réfléchir la première porte que je croisai...
Une salle de bain !
Décidément, cet appartement ressemblais de moins en mois à un repère de brigand ( de toute façon qui aurait eu l'idiotie de me kidnapper ? ).
Un baignoire à pied prenait quasiment tout l'espace de la pièce, et sur le mur au dessus du lavabo écaillé, était accroché un immense miroir.
Curieuse,je me faufilai pour le voir de plus près. Le temps l'avait rendu tellement usé qu'il était difficile de s'y voir correctement, pourtant malgré cela et malgré l'obscurité je me vis très bien. Du moins, je vis très bien la fille qui se trouvait dedans :
Une espèce de moi mais qui aurait déteint à la machine à laver. Mes cheveux blond caramel était devenus presque blanc crème, ma peau avait perdu ses rougeurs, quant à mes yeux, il étaient maintenant d'un bleu translucide.
-
C'est...moi ? murmurai-je
Je vis mes lèvres bougées dans le miroir. (Confirmation)
Et soudain je "la" vis, cette marque très nette sur ma nuque, et compris instantanément ma présence ici.
Tout me revient en mémoire dans une cacophonie mentale qui me coupa le souffle.
Je vacillai et du me cramponner au lavabo pour ne pas tomber.
*Connard !*
Je déboulais dans le couloir et ouvrit toutes les portes à ma portée. Buanderie, toilette..."sa" chambre !
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Imbécile ! grondai-je
Bien que ma colère fut intense je m'étais arrêtée sur le seuil de la porte. Dans son lit, Kozuke émit un grognement agacé puis se mit en position assise pour me fixer avec un ½il mauvais.
Son torse nu, d'un blanc nacré me fit rougir mais je me ressaisis.
Je fis comme si je ne l'avais pas réveiller ( en pleine nuit ?) et afficha mon air le plus énervé possible.
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Tu m'as...mordu ?! vociférai-je.
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Ouais...et alors ? me répondit l'intéressé.
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Et alors ? Tu vois très bien ce que je veux dire ! Maintenant que je me souviens de tout donc tu me dois des explications et......Je sentis un objet passé à deux centimètres de mon visage et l'entendis se fracasser contre le mur derrière moi dans un bruit métallique.
Moment de silence.
*Il a voulu me tuer avec son réveil !*
La peur me surprit.
Je refermais violemment la porte et couru jusqu'à ma chambre où je me laissais tombé à plat ventre sur le lit.
J'entendis que mon c½ur se calme avant de penser à quoi que ce soit. Je fermai les yeux.
La colère surprise par la peur avait fait place à un vide en moi.
Je frissonnais et me promis de reste sage jusqu'au matin ( et de ne plus jamais réveiller Kozuke en pleine nuit, à moins d'avoir des envies suicidaires )
Je me repassais donc le film de ma mémoire, les souvenirs qui justifiés ma présence ici...
{Memory}
J'étais sortie de mon cour de rattrapage mardi soir, il faisait encore jour et l'air était doux.
Je rentrais chez moi crevée par cette journée qui ressemblait en tout point aux précédentes.
Je ne sais pas à partir de quel moment ça a foiré, peu être quand j'ai entendu ces deux gars plus âgé que moi parlaient entre eux dans une ruelle à trois mètres devant moi.
Soudain ils m'aperçurent, leurs regards se croisèrent et je compris de suite leurs intentions.
Ce genre de mésaventure m'était souvent arrivé par le passé, je ne me considérais pas vraiment comme une jolie fille mais vu l'effet que je produisais sur le gente masculine je devais être à leur goût.
C'est deux-là n'échappèrent pas à la règle et vinrent vers moi nonchalamment, avec ce regard qui signifie « eh mais regardez-moi un peu ce beau morceau de viande ! ».
Je m'arrêtais.
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Eh ! Tu veux pas venir boire un truc ? On t'invite ?, dit le plus moche des deux.
-
Pas l'temps..., maugréai-je
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Oula ! attention elle va nous mordre la blondinette.
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Allez viens ! Sois cool !Trois...
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On connait un endroit super !Deux...
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Eh ?! On te causes là !Un...
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Wouaah ! Eh ?! beuglèrent-ils en c½ur quand ils me virent déguerpir à toute vitesse.
Passant entre les deux tas de muscles et de graisses et je m'enfuis dans la ruelle derrière eux.
( Non mais vous croyez tout de même pas que j'allais leur faire face ?!
J'ai du caractère mais je tiens à la vie
(et à ma virginité) )
Pas la peine de me retourner, ils se ruèrent à ma poursuite dans la seconde qui suivie (enfin les quelques secondes vu leurs temps de réaction) j'entendais leurs corps se déplaçaient tels des tanks ravageant tout sur leur passage. Ils avaient l'air coriace ces deux là mais heureusement j'étais fine et agile et j'arrivais à les devancer en bifurquant dans des ruelles de moins en moins accessibles.
Soudain le calme se fit et je n'entendis plus que le frôlement de mes pieds sur le sol.
C'est à ce moment-là que je me risquai à regarder derrière moi et ne vit pas le panneau d'avertissement.
Tout s'enchaina très vite.
Je me le pris dans le ventre de plein fouet et bascula en avant.
Droit dans le trou qui risquer d'être ma tombe.
Puis des bruits de roches, des ferrailles qui s'entrechoquent et d'os cassé.
Enfin la douleur et la chaleur du sang sortant de mon corps cloué au sol.
Mon hurlement se répercuta en écho morbide autour de moi.
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Merde...mer...de, faut que je sor..te...de...là, haletai-je
Je regardai mon corps, en bougeant le moins possible. C'était pas beau à voir. Une barre en fer rouillée m'avait transpercé l'épaule gauche juste au dessus de la poitrine, inondant mon T-shirt de sang; Et sur mon flanc droit, s'était gentiment écrasé une énorme pierre, m'explosant une ou deux côtes au passage.
Est-ce que ça allait être les derniers instants de ma vie ?
Je n'avais pas cette réponse mais je n'avais pas vraiment peur. La douleur embrumait mon esprit.
Après quelques minutes ( qui ressemblaient plus à une éternité )
J'entendis des pas se rapprocher.
Un sauveur ? Mais...Mon état était-il au moins récupérable ?
Un jeune homme d'un vingtaine d'année. Comme il était à contre-jour j'avais du mal à distinguer ses traits tout restant immobile au sol.
Il s'adressa à moi, d'une voix chaude qui dégagée une volupté sauvage.
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T'es vraiment en piteux état.. tu le sais ça ?, lança-t-il.( ce qui cassa brutalement le mythe de sa sonorité )
Il parla avec un tel décontraction de mon état que je pris ça pour du sadisme et m'empressai de le remballer à ma manière. Un bon coup dans le coin qui fait l'originalité masculine.
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Et ça tu le sens que ça fait mal ! Fuck !Il grimaça mais ne broncha pas. Ma jambe retomba lourdement au sol, me faisant lâcher un gémissement de douleur.Cela m'avait fait souffrir plus qu'à lui apparemment.
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Même à l'article de la mort, t'as toujours ce sale caractère Alice, ajouta-t-il.
Je déglutis. Quoi ? Il connaissait mon prénom ?! Et la façon dont il l'avait dit me sembla si familière que j'en fus déconcertée.
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D'où...connaissez-vous mon prénom ? demandai-je.
Un sourire s'afficha sur son visage.
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Je le sais c'est tout...*C'est pas une réponse ça*
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...Allez ! Assez joué ! Rejoins nous et tu crèveras jamais plus, acheva t-il sur un ton joyeux.
Je dus tirer une gueule de conne, un masque de surprise, de peur, de dégoût ( ? ) qui le fit beaucoup rire en tout cas.
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Désolé, tu ne dois pas comprendre. Ça signifie : être un vampire.Deuxième gueule de conne qui ne le fis pas autant rire. Il me regarda avec tant de sérieux que je n'osai pas me moquer de sa remarque. Ma tête recommença à me tourner, brisant l'illusion de la trêve qu'elle m'avait laissé quand l'inconnu était arrivé.
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Eh ?! Des...ces...créatures qui se nourrissent de...sang..humain ?! Qui ont peur de l'ail et qui...-
Pourquoi le gens ne se souviennent que des côtés négatifs des choses, et encore si c'était vrai ! me coupa-t-il. Il poussa un soupir, puis il s'agenouilla près de moi et fixa ses yeux dans les miens. Ils étaient rouge, d'un rouge sang ! Des rayons de lumières éclairèrent ses cheveux bruns acajous constellés d'étranges mèches blanches. Il sentait bon, une odeur qui me fit pensé au café mais plus douce et plus sucré.
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Alors ? s'exclama-t-il.
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A...alors...? Alors quoi ? bégayais-je.
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Souhaites-tu continuer à vivre en temps que vampire ? C'est la seule chose que je peux faire pour toi à cet instant...Il y aura des inconvénients au début mais je t'aiderais. Tu as perdu beaucoup de sang, tu sais. C'est même étonnant que tu sois encore consciente. Alors il faut que tu te décides, maintenant.A mesure qu'il me parlait, son visage s'était rapproché du mien. Je me sentis rougir, ce qui (heureusement) ne se remarqua pas vraiment à cause de ma pâleur cadavérique. Je fermai les yeux inconsciemment, sous l'emprise d'un sommeil infini. Mais il passa sa main dans mes cheveux et je les rouvris par surprise.
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Reste consciente et décide-toi ! m'ordonna-t-il
Je ne voulais plus souffrir et je n'étais pas encore très bien décidée à mourir.
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Oui...je...serai un vampire...murmurai-je dans un souffle.
Mes yeux se fermèrent pour la dernière fois de "cette" vie. Je sentis son souffle sur ma nuque.
Puis ses crocs transpercèrent ma chair et la dernière chose qui me blessa ce jour-là, fut la désagréable sensation d'un liquide gelée s'infiltrant sournoisement dans mon corps.